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Dominique Le Meur : un nom à consonance bretonne,
qui cache un authentique Auxerrois, né voici 33 ans dans la
préfecture de l'Yonne. Mais les origines celtiques ne sauraient
mentir. C'est à l'Irlande que cet ancien élève de Denfert-Rochereau
et de Jacques-Amyot, aujourd'hui professeur de français à
l'université de Limerick, a consacré son premier roman aux
Editions Coop Breizh.
Après des études
de langues étrangères appliquées
à l'université de Dijon, puis cinq
années d'enseignement en Allemagne, Dominique Le Meur
vit depuis sept ans en Irlande, où est née son
épouse.
"Mais je reste très
attaché à mes racines ! Je viens
régulièrement une ou deux fois par an. Et j'ai
appelé ma maison "Auxerre"", précise-t-il. Son
goût pour l'écriture, il l'a d'abord
exprimé dans des poèmes et des nouvelles.
Avant de se lancer dans un roman, sur un thème qui
lui tenait à coeur : les troubles en Irlande du
Nord.
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Le sang et les larmes
"J'ai souhaité revenir aux origines du conflit,
expliquer comment on en est arrivé à la situation actuelle",
explique Dominique Le Meur, qui a travaillé à cet ouvrage
pendant deux ans et demi. "Je me suis aperçu que pendant des
années, j'avais eu du conflit une vision à sens unique, une
sorte de version officielle, essentiellement britanique. Alors
que les choses étaient beaucoup plus compliquées".
Son livre, il l'a situé dans les années 70,
quand des générations sacrifiées portaient la violence à son
paroxysme.
Car depuis plusieurs décennies, l'histoire
de l'Irlande s'écrit dans le sang et les larmes. Les enfants
de Belfast en savent quelque chose. Au début de l'ouvrage, le
père de Stiofan vient d'être assassiné. Le jeune garçon et sa
mère s'installent dans le sud du pays. Mais "même si les démons
sont enfouis, il n'ont pas disparu". A 18 ans, le jeune homme
vend à la sauvette un journal républicain : premier pas dans
un engrenage qui l'amènera à revenir à Belfast, puis à poser
des bombes. Et à prendre conscience de l'absurdité de ce terrorisme
aveugle. D'autant qu'il a fait la connaissance de Sinead, mêlée
malgré elle à ces complots où la mort rôde en permanence. Aujourd'hui,
une vingtaine d'années après les temps décrits par le livre,
l'Irlande entrevoit un espoir. "La situation se normalise au
niveau politique. Mais sur le terrain, c'est encore loin d'être
le cas. L'antagonisme est encore très présent dans les deux
communautés", souligne Dominique Le Meur. A la fin de son roman,
la situation, très noire, n'est pourtant pas désespérée. On
peut espérer une embellie. Et, pourquoi pas, une suite où la
paix aurait enfin voix au chapitre.
© L'Yonne Républicaine
- 01/08/1998
F.L. |
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